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Guinée: Les défis du nouveau président élu
14 December 2010

Le 27 juin 2010, les Guinéens se sont rendus massivement aux urnes pour élire un président parmi 24 prétendants à la magistrature suprême. La Constitution guinéenne dans son article 32 exige l’obtention d’une majorité absolue des suffrages exprimés pour l’élection d’un candidat à la présidence. Aucun descandidats n’ayant atteint cette majorité au premier tour, unsecond tour devint alors nécessaire pour départager l’ancien Premier Ministre, Cellou Dalein Diallo, et l’opposant historique, Alpha Condé, les deux candidats ayant recueilli le plus grand nombre de suffrages au premier tour avec, respectivement, 43,69% et 18,25% des voix. M. Diallo, le candidat de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), était soutenu au second tour par « l’Alliance Cellou Dalein Président», tandis que M. Condé représentait le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) et était soutenu, au second tour, par « l’Alliance arc-en-ciel ».

Après quelques reports, ce second tour eut finalement lieu le 7 novembre 2010. Le 15 novembre, la Commission électorale nationale indépendante (CENI)proclama Alpha Condé vainqueur de ce scrutin avec 52,52% des voix, contre 47,48% des voix pour son concurrent. Ayant examiné les réclamations du candidat malheureux qui avait contesté les résultats provisoires de laCENI, la Cour suprême confirma ces résultats le 2 décembre, rendant ainsi « définitive » l’élection de M. Condé à la magistraturesuprême. Les différentes missions d’observation électorale ont salué le scrutin, le considérant comme ayant été globalement transparent et crédible.

Le nouveau président hérite d’un pays économiquement « à genoux », où la misère est généralisée, l’insécurité très répandue et le chômage monnaie courante. De surcroît, la campagne électorale du second tour aconnu plusieurs vagues de violence. La proclamation, par la CENI, des résultats provisoires du scrutin du second tour a donné lieu à d’autres affrontements violents entre les partisans des deux candidats en lice. Plus préoccupant est le fait que les différentes vagues deviolence, enplus d’avoir occasionné des pertes en vies humaines, ont pris une dimension politico-ethnique, mettant à dure épreuve le tissu social et la cohésion interethnique du pays.

Le présent rapport entend attirer l’attention sur un certain nombre de défis importants auxquels fait face le nouvel élu en Guinée. Il s’emploie aussi àformuler certaines recommandations en vue de contribuer àla recherche de solution pour relever ces défis. Pour la première fois depuis son regain d’indépendance en 1958, la Guinée a un président démocratiquement élu sans l’avantage d’un parti au pouvoir. Eu égard aux différents défis auxquels fait face le pays, il est évident que le nouveau président nedétient pas une baguette magique pouvant transformer les choses du jour au lendemain. Il acependant la lourde tâche de répondre à certaines attentes populaires des Guinéens.

Ainsi, nous avons identifié les cinq principaux défis suivants, a savoir (i) la réconciliation nationale ; (ii) la miseenplace d’un système de gouvernement inclusif, qui fait de l’opposition politique un partenaire dans la gestion desaffaires du pays ; (iii) la lutte contre l’impunité dans toutes ses formes et l’établissement de l’Etat de droit ; (iv) la réforme du secteur de la sécurité ; et (v) l’amélioration des conditions de vie des citoyens. Cette liste n’est évidemment pas exhaustive, car il n’est pas exagéré d’arguer que tout est à faire en Guinée.

À propos des auteurs

Dr Issaka K. Souaré est chercheur dans le Programme de prévention des conflits en Afrique au bureau de Pretoria de ISS.

M. Alimou Diallo est coordonateur régional des programmes, réseaux et développement au bureau d’Accra du Réseau ouest-africain pour la paix (WANEP).

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