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Religious radicalism and terrorist threats in Senegal
Date: 23 May 2013
Time: 09h30 - 12h15
Venue: OSIWA conference room, Dakar

English follows

Ce séminaire de lancement du troisième Rapport sur la paix et la sécurité dans l’espace CEDEAO a réuni une cinquantaine de personnes des cercles diplomatiques, de la société civile et du milieu gouvernemental sénégalais. Il visait, dans le contexte sous régional actuel marqué par la crise malienne, à aborder les questions suivantes:Existe-t-il un niveau de radicalisme religieux suffisamment élevé au Sénégal pour que des citoyens sénégalais soient susceptibles de soutenir, voire de rallier, les mouvements radicaux? Les confréries constituent-elles véritablement un rempart contre le radicalisme religieux au Sénégal? Quels moyens devraient être envisagés pour se prémunir contre la radicalisation et la menace terroriste dans le contexte sous régional actuel?

Le Sénégal n’est pas à l’abri du radicalisme religieux et de la menace terroriste. En effet, le paradoxe géopolitique sénégalais est qu’il symbolise en même temps la profondeur africaine des pays arabes et islamiques, tout en demeurant un allié traditionnel des puissances occidentales. Par ailleurs, la lecture binaire de l’islam sénégalais qui conçoit, d’un coté, l’islam confrérique et, de l’autre, l’islam réformiste est devenue caduque au regard de l’évolution du champ islamique sénégalais. En effet, les confréries, auparavant perçues comme des remparts face au radicalisme religieux sont fortement concurrencés ou contestées par les mouvements réformistes. Parallèlement, ces mouvements développent une coopération informelle avec le monde arabo-musulman hors des cercles diplomatiques formels. En outre, l’émergence d’une élite arabophone issue des universités arabes et/ou islamiques contestant l’hégémonie des cadres francophones désignés comme responsables de la faillite du pays, constitue un phénomène qu’il importe de prendre en compte. De même, l’investissement des champs sociaux abandonnés par l’Etat, la pauvreté et l’échec des idéologies dites occidentales augmentent les risques de radicalisation notamment chez les jeunes en quête de repères. Enfin, la réduction de l’espace par les moyens de communication modernes facilite l’expansion de l’idéologie islamiste.

Un certain nombre de recommandations ont été formulées. Il s’agit, au niveau national, de la redéfinition des missions des différents services de sécurité, ainsi que de la révision des approches sécuritaires et des formats des forces de sécurité et de défense des pays de l’Afrique de l’Ouest. La mise en place d’une plateforme pluridisciplinaire de veille stratégique sur la radicalisation religieuse, en coordination avec les services concernés de l’Etat sénégalais et la création d’un cadre national de dialogue sur l’avenir du système éducatif sénégalais afin de résorber les frustrations potentielles des laissés pour compte du système francophone ont aussi été proposées. De même, il importe d’identifier et d’impliquer les chefs religieux, traditionnels et coutumiers du Sénégal en tant que régulateurs sociaux afin de limiter l’influence des discours radicaux importés ou endogènes.

Au niveau international, le Sénégal pourrait se concerter avec ses pairs arabes au sein de l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI) pour mieux encadrer le dispositif de financement de l’éducation. Les pays touchés par ce phénomène pourraient se servir des mécanismes de veille au Sénégal et travailler en partenariat avec le système d’alerte rapide de la CEDEAO. Le renforcement des structures actuelles et le développement d’une architecture sécuritaire impliquant tous les pays de la bande sahélo-saharienne pour prendre en considération les différentes menaces inter-liées par une meilleure coopération régionale sont indispensables.

Ce séminaire est rendu possible grâce au financement de Open Society Initiative for West Africa (OSIWA) et de l’Ambassade du Grand Duché du Luxembourg au Sénégal. L'ISS est également reconnaissant de l'appui des partenaires principaux suivants: les gouvernements de la Norvège, la Suède, l'Australie et le Danemark.

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This event was conducted in French with English translation services provided. The security situation in the Sahel region and the issue of violent extremism has been a cause of concern for countries neigbouring Mali. This seminar provided a forum to discuss the results of a study on religious radicalism and terrorist threats that was conducted in Senegal in February and March 2013. The following questions were addressed:

  • Is the level of religious radicalism in Senegal such that its citizens may support or even join radical movements?
  • Are religious brotherhoods truly a defense against radicalism in Senegal?
  • Which methods should be envisaged to prevent religious radicalisation in the current regional context?

The research results were published as part of the ISS’s ECOWAS Peace and Security Report Series, and and were released at the seminar. The seminar also provided an opportunity to discuss recommendations and suggestions to address the situation at the national and regional level. The event was chaired by Dr Déogratias Barakamfitiye, Director, ISS Dakar. Speakers included: Dr Bakary Sambe, lecturer and researcher, University Gaston Berger of Saint-Louis who spoke on religious radicalism; and Colonel Djibrill Ba, Former Senegal National Gendarmerie Deputy High Commander who covered terrorist threats in Senegal.

This event was made possible through the funding provided by the Open Society Initiative for West Africa (OSIWA) and the Grand Duchy of Luxembourg Embassy in Senegal. The ISS is also grateful for the support of the following core partners: the governments of Norway, Sweden, Australia and Denmark.
Venue:
OSIWA conference room
Dakar
RSVP:
Marie Emmanuela Kabran
Email: ekabran@issafrica.org
Phone: + 221 77 395 6371
Enquiries:
Dr. Deo Barakamfitiye
Email: dbarakamfitiye@issafrica.org
Phone: + 221 77 395 6371
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